Sens de la pédagogie, capacité d’écoute et notions de psychologies sont indispensables pour faire le métier d’enseignant. Mais je vous le dis en toute honnêteté, même si vous avez décroché haut la main votre CAPES, ces bagages ne suffisent pas toujours pour affronter sereinement une journée de travail. Et c’est surtout le cas si vous avez à gérer des conflits entre adolescents bougons et faire face aux réactions exagérées de vos collègues. Pour vous aider à vous en sortir et vivre de ce métier passionnant et exigeant, je vous parle aujourd’hui de la CNV (Communication Non Violente) appliquée à l’enseignement.

Origines de la CNV, ce langage du cœur

Pour vous aider à comprendre le contexte dans lequel le CNV a été créé, je vais d’abord vous parler de ses origines. C’est dans les années 1960 que Marshall B. Rosenberg, docteur en psychologie clinique a mis en place la méthode de « l’écoute active ou empathie » pour faciliter la gestion des conflits raciaux et socioéconomiques auprès de différentes communautés américaines, dont des écoles et des institutions publiques. Il s’inspire d’ailleurs de son professeur, le psychologue humaniste américain Carl Rogers qui a établi « l’approche centrée sur la personne ». Toujours d’après l’auteur de la Communication Non Violente détaillée dans l’ouvrage « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) », ce sont « le langage et les interactions avec les autres qui renforcent notre aptitude à donner avec bienveillance et à inspirer aux autres le désir d’en faire autant » et il en fait un « langage du cœur » où il est important d’observer, de s’exprimer, de préciser ses besoins avant de faire une demande concrète.

La CNV en pratique dans l’enseignement : la méthode OSBD

En appliquant la CNV en classe, vous apprenez à comprendre vos émotions, vos besoins, vos sentiments et ceux des autres. Cette prise de conscience vous aide à formuler des phrases concises, claires et en respect des personnes en face de vous. Pour faciliter l’adaptation de la Communication Non Violente dans le cadre de l’enseignement, il vaut mieux se diriger vers la méthode OSBD qui consiste en 4 phases bien distinctes :

  1. Observer sans évaluer ou juger
  2. Exprimer ses Sentiments en disant « je »
  3. Parler de ses Besoins profonds sans faire d’action
  4. Demander sans exiger

L’observation de la situation

Cette première phase de la CNV sert à observer ce qui se déroule dans la classe sans faire de jugement. Certes, l’être humain a tendance à juger, mais si vous arrivez à trouver les bons mots dans un dialogue, votre interlocuteur sera plus rassuré. Ainsi, pour un élève qui ne travaille pas, un professeur ne devrait pas dire qu’il est fainéant, mais de lui observer le fait qu’il n’a pas fait ses devoirs depuis des mois. Ici, le but est d’éviter de mettre en place une impression de prise de pouvoir chez une personne en colère, mais d’arriver à le surmonter.

Exprimer ses sentiments

Pour pouvoir transmettre ses émotions, il est important de s’exprimer à la première personne du singulier. Ainsi, commencez par vous poser la question : « qu’est-ce que je ressens ? » pour étudier vos propres sentiments. Par exemple, un professeur qui s’adresse à une classe aurait tendance à exploser en indiquant « je constate que vous ne vous intéressez pas à ce que je dis. Je suis triste de le constater, vous gâchez vos potentiels », mais la CNV privilégie les phrases plus concises comme « Je ressens de la colère et de la tristesse ».

Exprimer ses besoins

Vous pensiez que les émotions résultaient des comportements et des paroles des autres ? Eh bien, ce n’est pas le cas, c’est surtout vous et vous-même qui en êtes la cause. Face à une attaque extérieure, nous avons tendance à nous sentir coupables ou à rejeter la faute sur l’autre, mais la CNV préconise une concentration sur ses besoins. Par exemple, un professeur qui n’a pas reçu les devoirs de groupe des élèves pourra dire « ça m’attriste de constatez que vous n’avez pas travaillé sur les devoirs de groupe, alors que vous avez la capacité de réussir avec votre potentiel » au lieu de réagir avec fureur.

Formuler son attente

Cette dernière étape de la CNV est l’approche qui sert à s’exprimer pour demander quelque chose. Ainsi, le professeur peut demander à sa classe : « je voudrais que vous lisiez 2 textes supplémentaires que nous allons travailler la prochaine fois en plus des devoirs déjà prévus, est-ce que je peux compter sur vous ? ». En procédant ainsi, vous mettez les élèves en confiance et vous vous assurez bien qu’ils ont compris la consigne.

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